La ville du Caire

La ville du Caire a cinq portes Bab en Nasr (la porte du Secours de Dieu) ; Bab el Foutouh (la porte des Victoires) ; Bab el Qantharah (la porte du Pont) ; Bab ez Zoueilèh (la porte de Zoueilèh), Bab el Khalidj (la porte du Canal). La ville n’est point enfermée dans une enceinte fortifiée, mais les bâtiments et les maisons sont si élevés qu’ils sont plus hauts qu’un rempart, chaque maison, chaque palais peut être considéré comme une citadelle. La plupart des maisons ont cinq ou six étages.

L’eau potable est fournie par le Nil et elle est apportée en ville à dos de chameau par des saqqas (porteurs d’eau). L’eau des puits creusés près du Nil est douce, mais, plus on s’éloigne du fleuve, plus elle devient saumâtre. Le nombre des chameaux qui transportent l’eau dans de grandes outres (ravièh) au Caire et à Misr s’élève, m’a-t-on dit, à cinquante-deux mille. Des porteurs d’eau, ayant sur le dos des vases en cuivre ou de petites outres, circulent dans les rues étroites où les chameaux ne peuvent passer.

Dans l’intérieur de la ville, les maisons sont séparées l’une de l’autre par des vergers et des jardins que l’on arrose avec l’eau des puits. Le palais du sultan renferme des jardins réservés qui sont les plus beaux que l’on puisse voir. L’eau nécessaire à leur entretien est élevée au moyen de roues hydrauliques. On plante également des arbres sur les terrasses et l’on y établit des pavillons.

Les maisons du Caire sont bâties avec tant de soin et de luxe qu’on les dirait construites avec des pierres précieuses et non point avec du plâtre, des briques et des pierres ordinaires. Toutes les maisons sont isolées, de sorte que les arbres de l’une n’empiètent pas sur les murailles de l’autre. Il en résulte que chacun peut démolir et reconstruire sa maison sans que le voisin ait à en souffrir.

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Le cadeau du Nil

Lorsque le soleil entre dans le signe du Capricorne, les eaux du Nil commencent à gonfler jusqu’à ce qu’elles atteignent une hauteur de vingt ârech au-dessus du niveau qu’elles ont en hiver. La crue se fait progressivement et jour par jour. On a, pour l’apprécier, établi dans la ville de Misr des meqias (nilomètres) et des lieux d’observation.

Un fonctionnaire reçoit par an un traitement de mille dinars pour veiller à leur entretien et pour constater les progrès de la hauteur de l’eau. Dès le premier jour de la crue, il fait parcourir la ville par des crieurs publics qui proclament que le Dieu très haut et très saint a fait croître aujourd’hui le Nil de tant de doigts ; et tous les jours on signale l’augmentation survenue.

Lorsque la hauteur de l’eau a augmenté d’un guez, on bat le tambour en signe de joie et on se livre à des manifestations d’allégresse jusqu’à ce que l’eau ait atteint dix-sept ârech. Ces dix-sept ârech constituent le niveau ordinaire de la crue. S’il y en a moins, on dit que l’inondation est insuffisante. On distribue alors des aumônes, on fait des vœux, on témoigne de la tristesse et du chagrin. Lorsque, au contraire, il y a plus de dix-sept ârech, le peuple fait éclater la satisfaction qu’il éprouve, par des fêtes et des réjouissances. Si la crue du Nil n’atteint pas dix-sept coudées, le sultan ne fait pas payer d’impôt foncier aux cultivateurs.

On a dérivé du Nil un grand nombre de canaux qui vont dans toutes les directions. De ces canaux s’en détachent d’autres plus petits servant à irriguer les villages et les champs qui se trouvent sur leurs bords. L’eau est élevée au moyen de roues hydrauliques dont il est difficile d’évaluer le nombre.

Tous les villages de l’Egypte sont bâtis sur des éminences et sur des terrains élevés, afin d’éviter qu’ils ne soient submergés à l’époque de l’inondation, lorsque le pays est couvert par les eaux. On communique alors d’un village à l’autre au moyen de barques.

On a, d’une extrémité de l’Egypte à l’autre, établi une levée en terre qui longe le Nil et sert de route. Le Trésor verse, tous les ans, entre les mains d’un fonctionnaire qui inspire toute confiance, une somme de dix mille dinars pour faire à cette chaussée les réparations nécessaires.

La population fait ses provisions pour les quatre mois que dure l’inondation et pendant lesquels le pays est submergé. Dans la campagne et dans les villages, on cuit la quantité de pain nécessaire pour cet espace de temps, et on le fait sécher pour qu’il ne puisse pas se gâter.

La crue du Nil se produit régulièrement de la manière suivante : l’eau s’élève pendant quarante jours jusqu’à ce qu’elle ait atteint la hauteur de dix-sept guez ; elle reste stationnaire pendant quarante jours ; puis, elle décroît pendant quarante autres jours, jusqu’à ce qu’elle descende au niveau qu’elle doit conserver pendant l’hiver.

Lorsque les eaux commencent à se retirer, les paysans s’avancent sur le terrain découvert, et à mesure qu’il devient sec, ils y sèment ce qu’ils veulent. Les semailles d’hiver et d’été se font toutes de cette même façon et il n’est point nécessaire de les arroser de nouveau.

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Buenos Aires in 1889 – a city on horseback

How shall I describe the metropolis of the Argentine, with its one-storied, flat-roofed houses, each with grated windows and centre patio? Some of the poorer inhabitants raise fowls on the roof, which gives the house a barnyard appearance, while the iron-barred windows below strongly suggest a prison. Strange yet attractive dwellings they are, lime-washed in various colors, the favorite shades seeming to be pink and bottle green. Fires are not used except for cooking purposes, and the little smoke they give out is quickly dispersed by the breezes from the sixty-mile-wide river on which the city stands.

The Buenos Ayres of 1889 was a strange place, with its long, narrow streets, its peculiar stores and many-tongued inhabitants. There is the dark-skinned policeman at the corner of each block sitting silently on his horse, or galloping down the cobbled street at the sound of some revolver, which generally tells of a life gone out.

Both postmen and telegraph boys deliver on horseback, but such is the lax custom that everything will do to-morrow. That fatal word is the first the stranger learns — mañana.

This Modern Athens, as the Argentines love to term their city, has a beautiful climate. For perhaps three hundred days out of every year there is a sky above as blue as was ever seen in Naples.

The natives eat only twice a day—at 10.30 a.m., and at 7 p.m.—the common edibles costing but little. I could write much of Buenos Ayres, with its carnicerias, where a leg of mutton may be bought for 20 cts., or a brace of turkeys for 40 cts.; its almacenes, where one may buy a pound of sugar or a yard of cotton, a measure of charcoal (coal is there unknown) or a large sombrero, a package of tobacco (leaves over two feet long) or a pair of white hemp-soled shoes for your feet—all at the same counter. The customer may further obtain a bottle of wine or a bottle of beer (the latter costing four times the price of the former) from the same assistant, who sells at different prices to different customers.

There the value of money is constantly changing, and almost every day prices vary.

Coming again on to the street you hear the deafening noises of the cow horns blown by the streetcar drivers, or the pescador shrilly inviting housekeepers to buy the repulsive-looking red fish, carried over his shoulder, slung on a thick bamboo. Perhaps you meet a beggar on horseback (for there wishes are horses, and beggars do ride), who piteously whines for help.

You meet the water-seller passing down the street with his barrel cart, drawn by three or four horses with tinkling bells, dispensing water to customers at five cents a pail. The poorer classes have no other means of procuring this precious liquid. The water is kept in a corner of the house in large sun-baked jars. A peculiarity of these pots is that they are not made to stand alone, but have to be held up by something.

At early morning and evening the milkman goes his rounds on horseback. The milk he carries in six long, narrow cans, like inverted sugar-loaves, three on each side of his raw-hide saddle, he himself being perched between them on a sheepskin. In some cans he carries pure cream, which the jolting of his horse soon converts into butter. This he lifts out with his hands to any who care to buy. After the addition of a little salt, and the subtraction of a little buttermilk, this manteca is excellent. After serving you he will again mount his horse, but not until his hands have been well wiped on its tail, which almost touches the ground. The other cans of the lechero contain a mixture known to him alone. I never analyzed it, but have remarked a chalky substance in the bottom of my glass. He does not profess to sell pure milk; that you can buy, but, of course, at a higher price, from the pure milk seller.

In the cool of the afternoon he will bring round his cows, with bells on their necks and calves dragging behind. The calves are tied to the mothers’ tails, and wear a muzzle. At a sh-h from the sidewalk he stops them, and, stooping down, fills your pitcher according to your money. The cows, through being born and bred to a life in the streets, are generally miserable-looking beasts. Strange to add, the one milkman shoes his cows and the other leaves his horse unshod. It is not customary in this country for man’s noble friend to wear more than his own natural hoof.

A visit to the blacksmith is entertaining. The smith, by means of a short lasso, deftly trips up the animal, and, with its legs securely lashed, the cow must lie on its back while he shoes its upturned hoofs.

Many and varied are the scenes. One is struck by the number of horses, seven and eight often being yoked to one cart, which even then they sometimes find difficult to draw.

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Aden

Nella notte del quattro partiamo a bordo del vapore inglese; passiamo lo stretto di Bab-el-Mandeb, porta del diavolo, rinserrato fra terra ferma asiatica e l’isola di Perim su cui sventola la bandiera inglese, e la mattina del giorno seguente diamo fondo dinanzi Aden. Vi trovate qui un vero labirinto di aguglie i cui detriti hanno costituito un banco lungo il mare. Su questo la città commerciale, detta Steamer-point, su ogni vetta un piccolo forte o qualche antenna che col mezzo di bandiere segnala ogni arrivo e partenza di bastimento; ovunque si guardi tutta roccia nuda e sabbie, non un filo di verdura; d’acqua non se ne parla; e qui si seppe piantare una città, e qui si potè attirare gli sguardi del mondo intero e buona dose di commercio.

A otto chilometri, dopo uno strettissimo passaggio tagliato entro dura roccia per raggiungere una larga vallata posta oltre una catena di alture, sta la città, propriamente detta, che a Steamer Point non sono che ufficii, agenzie, magazzini ed alberghi.

Abbiamo lo spettacolo di un temporale di sabbia, che non saprei meglio descrivere che dicendo di immaginare, invece di pioggia, colonne di fitta e fina sabbia trasportate dal vento, seguite da qualche goccia di vera acqua, cosa che da tre anni non si vedeva in Aden.

I temporali sono rari, ma così torrenziali che per radunare tutta l’acqua che in pochi momenti scorre sui versanti delle montagne, si costrussero delle vasche gigantesche che quasi rinserrano le vallate. Sono lavoro ciclopico che si crede iniziato dai Persiani e ristabilito poi dopo l’occupazione Inglese.

Originali in Aden sono i tipi degli Ebrei dell’Yemen, che vi fanno il commercio delle penne da struzzo e del cambia-valute. Vestono una lunga zimarra, un piccolo calottino in testa e due lunghi ricci che pendono davanti alle orecchie; e i somali che vi fanno generalmente il facchino o il marinaio, quasi nudi, con enormi parrucche di capelli arricciati, che per sgrassare coprono di calce, la quale li riduce giallo-biancastri.

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Esercito abissinese in marcia

Qual baraonda sia un corpo d’esercito abissinese in marcia, è impossibile dire e figurarsi. La minor parte sono quelli che si possono chiamare soldati, i veri combattenti; del resto vecchi, donne, ragazzi, che nel maggior disordine seguono le tracce del capo che marciando pel primo indica la strada.

Quasi ogni soldato porta seco la propria famiglia, tutti poi indistintamente sono seguiti da donne che macinano il grano e preparano il pane. Il capo alla mattina leva le tende, e questo è segno di partenza: tutti allora vi si apparecchiano e la gran sfilata comincia. Lo stato maggiore in testa, poi una coda interminabile di ragazzi che portano le armi, di vecchi carichi delle tende o di qualche utensile, di donne che hanno sulle spalle bambini da latte, otri, pelli colle provviste di farina, e persino le pietre per macinare.

Di questo modo non si possono fare che due o tre ore di marcia al giorno, che ancora gran parte non arriva che la sera e alle volte la mattina dopo. Appena giunti comincia il momento di grande attività, chè ognuno pensa a piantarsi la propria tenda od a costrursi una piccola capanna, e la donna a preparare il necessario per mangiare: una vera processione si stabilisce presso i pozzi, in qualche punto si ammazza qualche bue; una tenda maggiore delle altre, attorno alla quale si vede un grande affacendarsi, è la sede scelta per un ufficiale.

La sera in cento diversi punti si accendono dei fuochi e questo dà all’accampamento un aspetto doppiamente grandioso.

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Gondar

Gondar, l’antica capitale dell’impero, sorge a 12°, 36′ lat. settentrionale e 35°, 11′ long. est, e l’altura che gli è per così dire base, è bagnata da due corsi d’acqua, l’Anguereb all’est e il Kaha all’ovest, che a poca distanza si riuniscono e vanno a versare le loro acque nel lago Tzana. L’attuale città non differisce punto da tutti gli altri villaggi d’Abissinia, sia pel genere delle costruzioni, sia per l’irregolarità e il sudiciume delle vie; solo la popolazione non è molto agglomerata, le capanne divise a diversi gruppi, lasciando così molti spazii liberi che potrebbero dirsi piazze, e permettendo che molte piante vi possano così allignare. È la città della fede per eccellenza, chè oggi vi si contano quarantaquattro chiese che come edificio non offrono nulla di rimarchevole, ma riposano sempre all’ombra di grossi alberi. Il quartiere più ordinato e pulito è quello che sta al basso, riservato ai mussulmani e per questo chiamato Bet-islam; vi godono di piena libertà e sicurezza, ma non hanno facoltà di erigervi moschee. La cosa più attraente di Gondar sono certamente le rovine che si distendono ad occupare tutta la parte superiore dell’altura. Le costruzioni sono opera dei Portoghesi e datano dal secolo decimosesto; sono tutte racchiuse entro una cinta ovale, in parte merlata, che di quando in quando offre larghe aperture con arcate.

Gli edificii sono parecchi, in parte isolati e in parte collegati fra loro; tutti rettangolari, cogli angoli spesso terminati a torri quadrate o circolari. Il tempo e lo spirito devastatore hanno molto distrutto, ma in alcuni, e in quello detto il palazzo dell’Imperatore[212] che è anche il più vasto, si conservano ancora perfettamente le scale, alcune porte, soffitte, e vi si vedono le aperture dei trabochelli che nei pavimenti o negli spessori delle mura portano dai piani superiori ai sotterranei. Tutto porta traccie dell’incendio che fu uno degli ultimi sfoghi delle pazzie e degli spiriti perversi di re Teodoro. Le principali mutilazioni di questi monumenti storici sono però dovute alla madre di ras Ali, la rinomata Iteghè Menéne, che, furiosa dell’impopolarità della sua famiglia, volle distruggere parte di questi edificii, dicendo: dacchè non dobbiamo lasciare monumenti del nostro potere, è inutile che lasciamo sopravvivere quelli degli altri.

 

Rovine a Gondar

Rovine a Gondar

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Il lago Tzana

[Venerdì 30 maggio 1879]

Larghe vallate con moltissima vegetazione: ficus giganteschi, sempre le eleganti acacie, tornano gli alberi di gardenie. Scorgiamo il lago vastissimo, con qualche isola, attraversiamo fittissime boscaglie, e poco dopo mezzogiorno ci si presenta Corata, la capitale, per così dire, del lago Tzana. Essendo questa una città tenuta in conto di mezza santità, per le etichette usate ci fanno scendere da cavallo, consegnare i fucili ai servi ed aprire i nostri ombrelli, ciò che pare accresca la grandezza e la dignità, e così avanziamo verso il villaggio che si presenta grande, ben disposto fra folta verdura, su una altura che quasi a penisola si protende nel lago e ne delinea un piccolo golfo. Peccato che sia per bassi fondi, sia per le piogge del Goggiam, da dove vi scolano le acque, queste non appaiono troppo limpide.

Il lago è assai vasto e sparso di parecchie isole fra cui alcune popolate e tenute in conto di sacre. La sua lunghezza è di quasi cento chilometri, per circa cinquanta di larghezza e quasi trecento di circonferenza.

Il villaggio è originalissimo: ogni capanna è rinserrata in un cortile e circondata da folte boscaglie, e le viuzze tutte fiancheggiate da mura o da verdi siepi e ombreggiate da alberi giganteschi: crescono spontanei il caffè, la musa, le palme, il limone, il ricino che raggiunge grandissime proporzioni, parecchie dracene, gli aranci e mille altre varietà di piante rare per noi e che ben coltivate potrebbero esser fonte di grandi ricchezze e benessere. L’elevazione è di 1900 metri sul mare.

[…]

Simpatico ed originale è il villaggio, nel quale si incontrano frequenti avanzi di muraglie costrutte con grossi blocchi, ciò che mi fa supporre siano resti di una piazza forte dei Portoghesi. Il lago aggiunge maggior vita al paesaggio, e non possiamo abbastanza bearci della sua vista e della sua frescura, dopo tanti mesi che l’occhio nostro non trova più a riposare su una massa di questo simpatico elemento. Sono strane le barche usate, a forma di pantofola ricurva alla punta, e costrutte con grosse canne palustri strettamente legate fra loro con scorze d’alberi. Dalla spiaggia si vedono frequenti ippopotami che sollevano le loro enormi teste fuori dall’acqua per respirare.

 

Corata—Lago Tzana

Corata—Lago Tzana

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Il campo del re dei re

[Martedì 20 maggio 1879]

Avanti a noi, sparso in ogni direzione, il campo dell’esercito reale. Sono ammassi di capanne grandi e piccole, vecchie e nuove, di tende bianche e nere; un formicolìo di gente, un avvicendarsi di gruppi a piedi, a mulo, a cavallo, di piccoli accampamenti separati che pare vivano di vita propria, un luccicare di armi e uno sventolare di toghe bianche e rosse, un susurro e un gridìo, un vero vortice sfrenato di moto e d’animo che si spande a perdita di vista sulle lievi alture e nei larghi avvallamenti che da ogni lato si distendono e circondano un’altura elittica, pure tutta sparsa di attendamenti, e la cui vetta è cinta da una muraglia sulla quale si innalzano alcune acacie e qualche tetto conico. È questa la reggia; è là che fra pochi minuti ci troveremo al cospetto del re dei re. Attraversiamo il forte dell’accampamento; tende e capanne meschine, ma a migliaia; soldati che se ne stanno rannicchiati a crocchi, altri che ci vengono incontro per curiosità, donne che lavorano alla farina, al pane, al tecc, altri che stanno costruendo il loro tugurio. Il movimento e l’originalità non sono certo gli elementi che fanno difetto; peccato che gli occhi nostri non bastino ad abbracciare tanta immensità di cose belle, nuove, grandiose, e tanto meno la penna possa ritrarle in modo da rendere solo una lontana idea di quanto ci si parava dinanzi.

 

Il nostro accampamento presso Re Giovanni, a Debra-Tabor

Il nostro accampamento presso Re Giovanni, a Debra-Tabor

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Religione in Abissinia

Secondo il rito abissinese v’ha un battesimo pei neonati e un matrimonio per chi vuole regolarmente crearne. Battezzando, il prete passa al collo del bambino un cordone tricolore in segno della Trinità: questo si riduce in seguito ad un cordone azzurro, che si usa portare come distintivo, dai cristiani. Pochi adempiono alla formalità del secondo sacramento: la separazione è frequente e il divorzio ammesso anche religiosamente qualora si provi che la donna ha bastanti mezzi per la sua sussistenza, o che il marito può fornirglieli. I maschi restano al marito, le femmine alla moglie.

Sono cristiani, ma separati dalla chiesa cattolica e dipendenti direttamente dal loro patriarca che siede in Alessandria d’Egitto. Il loro rito è il cofto, che ebbe vita verso la metà del quinto secolo da Eutichio, monaco di un monastero in vicinanza di Costantinopoli, il quale si dichiarò oppositore alle vigenti credenze sulla doppia natura di Gesù Cristo. Il nuovo dogma non piacque al cattolicismo, e radunato un primo Concilio per ordine di papa Leone Magno, Eutichio fu dichiarato eretico, ma riammesso a far parte della chiesa cattolica dai voti di un secondo Concilio convocato per ordine dell’imperatore Teodosio II. I proseliti si divisero per altro in due fazioni favorevoli alle contrarie decisioni dei due Concilii, per cui per por fine ai dissidii ne fu convocato un terzo in cui gli Eutichiani furono irrevocabilmente dichiarati eretici, e per questo si separarono completamente dalla chiesa di Roma, e propagarono le loro credenze in Oriente. Credono alla Trinità riconoscendo in Cristo una sola natura, perchè pretendono che la divina ha assorbito l’umana. Il loro culto d’adozione è quello della Vergine che come madre di Cristo ha, secondo loro, maggiori titoli alla venerazione dei fedeli.

Osservano il culto delle immagini. Hanno due quaresime, una di quaranta giorni che precede la Pasqua, e una di dieciotto durante l’Advento: entrambe si osservano scrupolosamente, facendo un solo pasto ogni ventiquattro ore e dopo il tramonto: la carne, il latte, le uova sono proibiti in questo epoche, e si tollerano solo i legumi. Nessuna concessione è fatta, neppure, per malati e moribondi. Per speciali divozioni, il re può far proclamare altri digiuni.

Le funzioni religiose hanno luogo generalmente la notte, e nelle feste speciali con gran pompa. La popolazione è molto religiosa in apparenza, ma mi pare assai poco nella sostanza, come pure sono fieri d’esser cristiani, ma in realtà lo sono di nome più che di fatto. I preti devono saper leggere, è un lusso se sanno scrivere, e dando un piccolo esame davanti al vescovo od a chi ne fa le veci, vengono investiti del sacro ordine: nelle chiese insegnano poi a leggere e commentare le sacre scritture a dei ragazzi che a loro volta diventano i successori. È loro concesso di ammogliarsi, ma in caso di vedovanza non possono passare a seconde nozze.

Per vivere è loro destinato un tributo sui terreni appartenenti al villaggio cui sono addetti, e ricevono offerte private. Vestono uno scemma tutto bianco e un turbante pure bianco, rare volte giallo. Portano sempre una croce in ferro colla quale si fanno il segno della croce. Conoscono la propria ignoranza e temono il confronto di qualunque altro sacerdote, per cui sono i più terribili nemici di qualunque influenza europea, immaginando che dietro l’ambasciatore o il commerciante, venga subito il ministro della fede.

Nella celebrazione della messa stanno racchiusi nel camerino interno della chiesa, talchè non sono visibili agli occhi del pubblico: all’esterno però vi sono sempre altri preti e chierici che coll’originale turibolo tutto a campanelli, col loro speciale campanello, con canti e gridi fanno un baccano che somiglia più ad una ridda infernale che ad un sagrificio religioso.

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Il nutrimento dell’Abissinese

Vivono molto parcamente, chè il loro nutrimento abituale è pane con berberi, pastina ottenuta da peperoni rossi essicati e cipolle pestati insieme, che qualche volta riscaldano con farina di ceci e ne fanno così una pietanza assai forte nella quale intingono il pane. Solo in circostanze particolari mangiano carne, quasi sempre da bue, e la preferiscono cruda, di animale appena ucciso. Sono ghiottissimi di questo pasto selvaggio che chiamano brundò: qualche volta abbrustoliscono le carni sulla bragia. Indolenti per carattere, il loro primo scopo è il dolce far niente, ma l’attività non manca loro e in caso di necessità sono capaci di fatiche e di privazioni straordinarie. Con pochi pugni di farina vivono e camminano intiere giornate, e il giorno che possono sgozzare un bue lo divorano materialmente, empiendosi fino al punto di non potersi quasi più muovere.

Come bibite hanno la birra, liquido torbido ed acidulo che si ottiene dal fermento di acqua con pane o grano abbrustoliti. Più usato è il tecc ottenuto dal fermento di acqua, miele e foglie di ghessò o radici di teddò, arbusti che crescono allo stato selvaggio e che qualche volta si coltivano all’uopo. Il più delicato è quello che si ha dalle foglie di ghessò: come usano questa bevanda nel momento della sua maggiore fermentazione, assai facilmente se ne ubbriacano.

Qualche arabo ha introdotto in paese l’uso di distillare il grano di dagussà, dal quale ricavano una specie di acquavite, di che sono assai ghiotti, e che chiamano arachi.

La dura è il grano più usato dalla popolazione: i benestanti usano molto il teff, che somiglia al nostro miglio, e col quale fanno dei pani simili a grandi ostie tutte a piccoli fori come un merletto, sempre molle come pasta cruda, anche se stracotto. Hanno buon frumento, ma raramente lo usano.

Le capanne loro sono meschinissime e tutto quello di più sudicio che si può immaginare: è un lusso concesso a pochi l’avere un angareb, chè la maggior parte dorme per terra rannicchiata su una pelle da bue che difende dall’umido e dagli insetti. È gente del resto contenta del suo stato, che con poco potrebbe procurarsi qualche miglioramento nelle abitudini e nel vivere, ma che non ne sente il bisogno e non se ne cura.

Il sapone vegetale è un arbusto curioso che prende volentieri forma d’arrampicante nelle siepi: produce dei fiocchi di fiori biancastri, dei quali i semi si usano come sapone e ottengono benissimo l’intento producendo molta schiuma.

L’abissinese non si lascia mai vedere quando mangia, e facendo questa indispensabile operazione, si raccolgono a piccoli crocchi e si coprono stendendo uno scemma sulle teste. Così pure quando parlano, lo fanno spesso sotto voce e alzando il manto a coprire la bocca.

È gran lusso l’avere delle bottiglie europee in cristallo a forma di cipolla, e di queste si servono come da bicchiere. Hanno poi bicchieri e bottiglie di fabbrica nazionale, che consistono in grosse corna da bue ridotte all’uopo.

Si pretende sia conseguenza dell’uso delle carni crude la frequenza del tenia, che curano con una decozione di cussó, albero che vegeta splendidamente in molte località. Del resto la loro farmacia si riduce a qualche rimedio empirico, sempre vegetale, e nel confidare nel tempo e nel lavoro di natura. Per le ferite e le piaghe applicano assai facilmente il fuoco con un ferro rovente; e frequentissimi sono gli individui che al petto, al dorso o alle braccia ne portano le tracce.

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